Le burn-out des soignants: 3ème partie
Publié par Eugénie Thevenon dans Actualité · Samedi 11 Avr 2026 · 35:00
Je vous propose dans cette 3ème partie de poursuivre cette thématique du burnout (relire la 1ère et la 2ème partie), en explorant dans un premier temps quelques éléments simples qui participent à une qualité de vie et l'épanouissement de l'individu en prévention de l’apparition de l'épuisement professionnel avec l’idée que mieux vaut prévenir que guérir ». Nous zoomerons sur l’intérêt fondamental de la mise en place d'un équilibre dans les différentes facettes de sa vie.

Nous examinerons dans un second temps d’autres perspectives afin d’apporter des pistes à investiguer et à creuser lorsque la combustion a malheureusement opéré. Nous terminerons par une réflexion dans une dimension institutionnelle et sociétale plus élargie.
Je vous invite donc à me suivre dans ces explorations. Illustrons ceci ici dès à présent.
Que peut on faire en amont pour prendre soin de soi et nourrir un équilibre de vie ?
L’être humain est un être de besoins. Ils sont multiples et concernent différents pans de la vie de tout à chacun. A la manière d’une plante qui a besoin de terre, de différents nutriments, d’eau et de soleil, de jour et de nuit, d’oxygène, de vent, d’une température spécifique (…), l’être humain est meut par des besoins (se nourrir boire manger dormir, bouger, des nourritures relationnelle et affective, des stimulations intellectuelles (…) ). Son bien être et son épanouissement reposent en partie sur un équilibre mouvant de tous les instants, subtil et malléable qui peut possiblement vaciller au gré des intempéries de la vie. La structuration et l'investissement des différentes dimensions de sa vie concourent à des fondations ressources en cas d'aléas. De cette manière en cas d'adversité, la personne dispose encore de briques dans les autres espaces de sa vie sur lesquelles elle peut s’appuyer si une dimension venait à se fragiliser ou se fracturer lors d'un moment de souffrance (deuil – séparation - licenciement (...)).

Si le travail occupe une majorité de la vie voire tout l’espace, vous comprenez aisément qu’en cas de difficulté dans l'univers professionnel, une personne n’a pas ou peu d’appuis pour garder la tête hors de l’eau et se ressourcer si elle n’a pas pris soin d'enrichir d'autres pans de son existence. Nous pourrions faire le parallèle avec l'intérêt de préparer son départ à la retraite.
Nous n’avons pas tous la chance d’avoir encore notre famille, et la société dans laquelle nous vivons aujourd’hui a fragilisé certaines dimensions socles comme le couple, le rapport à l’autre, les liens, notamment par la culture de l'individualisme, l'effondrement de la moralité et l'inversion des valeurs.
On peut penser aux modèles de liens humains véhiculés, qui assez souvent malheureusement, montrent au grand public des interactions dysfonctionnelles ou faire confiance à l'autre peut se révéler dangereux et coûteux, où est mis en avant la tromperie, la fourberie, où triompher se fait majoritairement au détriment de l'autre. Repères glisser sournoisement dans la psyché consciemment ou non d'ailleurs, qui n’encouragent pas forcément l’ouverture à l’autre, l'entraide et la culture des liens sains.
Parenthèse fermée, il est a mon sens pertinent de pouvoir se pencher sur ses espaces de vie, d’en prendre soin et de les équilibrer au mieux en les investissant quand cela est possible.
Voici quelques pistes pour une ébauche d’équilibre afin que les autres espaces de vie soient des ressources :
- Cultiver une ambiance familiale agréable, nourrir son couple, partager du temps de qualité avec les personnes que l'on aime. (lorsque cela est possible).
- Partager du temps avec ses amis (sorties, activités repas, balades…, conversations téléphoniques…)
- Pratiquer des loisirs qu’on aime. Oser se découvrir et expérimenter des activités par curiosité pour dévoiler et exprimer d'autres parties de soi. Parfois, nous sommes surpris d’apprécier une chose que l’on n’aurait pas soupçonné au premier abord. Se dire que c'est possible à tous les âges de la vie de continuer à apprendre de soi des autres, et aussi de nouvelles choses.
- Pratiquer une activité physique sportive. Le sport est reconnu pour ses vertus sur la santé physique et mentale. En diminuant le niveau de stress il concourt au bien être émotionnel, améliore le moral et diminue les symptômes dépressifs. L’activité physique est effectivement un moyen efficace pour stimuler la production de sérotonine (neurotransmetteur participant à la régulation de l’humeur) ainsi que la sécrétion d’endorphines. Le sport est également bénéfique pour améliorer la qualité de sommeil. Il réduit aussi l’anxiété. Une pratique régulière est vectrice d'une meilleure confiance en soi et génère une spirale vertueuse qui nourrit l’estime de soi, et améliore la santé mentale.
Il est vital de prendre soin de soi, et ça passe par des fondamentaux incontournables qu'on connaît tous:
- Manger sainement et équilibré
- Eviter les produits psychoactifs comme le tabac et l'alcool qui, au delà du plaisir immédiat liés à leurs effets dopaminergiques, consument de l’énergie vitale, abîment l'humeur et l'architecture du sommeil. En effet le tabac et l'alcool sont des catalyseurs de stress de dépression et d'anxiété.
- Prendre soin de son sommeil : se coucher à heure régulière, lorsque nous sentons les signes de fatigue, éviter les écrans sources de lumière bleue (stimule l'éveil) avant le coucher, dormir dans un lieu calme à température ajustée (18-19°), avec une bonne literie... .
Des fondamentaux que je n'ai pas inventé qui sont de vraies bases protectrices et qui concourent à maintenir l'équilibre même en cas de déséquilibre transitoire.
Que faire en cas d'épuisement ?
« Agir sur Soi »
Note essentielle : Ce zoom sur les actions à portée de main pour réduire son niveau de stress correspond à un champ ou je peux retrouver du pouvoir d'agir pour m'apporter du bien être et retrouver de l'oxygène. Ces pistes ne vous acculent aucunement de la responsabilté de votre état de santé. Le burnout est un processus systémique qui éclot lorsqu'une somme de facteurs en lien avec le travail, la société et des facteurs individuels (qui sont parfois des qualités que l'environnement à permis de surexploiter) se rencontrent, interagissent entre eux dans un contexte particulier et catalysent la combustion intérieure. Remettre ce phénomène pour ce qu'il est dans l'espace qui le favorise: contextuel symptomatique, d’un possible dysfonctionnement systémique, organisationnel, institutionnel, voire sociétal ou je peux à mon petit niveau si cela est encore possible chercher et mettre en place quelques soupapes de décompression.
Faisons un bref rappel :
Les signes évocateurs d'un état de stress chronique peuvent être de différentes natures et sont classés dans 3 catégories :
- Physiques : une fatigue persistante, la présence de troubles du sommeil, des douleurs musculaires diffuses, des céphalées, des troubles digestifs, une diminution de l’immunité responsable d’infections plus fréquentes, des palpitations ou des sensations d’oppression liées au stress (…).
- Psychiques : une lenteur dans la prise de décision, avec l’impression de penser moins vite et moins clairement, une baisse des performances et de la motivation, des difficultés de concentration, qui peuvent être accompagnées de troubles de la mémoire immédiate. La présence d'anxiété, d'irritabilité, des colères soudaines. Une tristesse persistante, une image négative de soi, qui peut évoluer vers une dépression avec la présence d’idées noires voire suicidaires. Un sentiment contradictoire par rapport à son travail : l’aimer et pourtant ne plus le supporter.
- Comportementaux : l'épuisement impacte également les habitudes et les espaces relationnels de la personne. Cela peut se manifester par un retrait social, un isolement au travail, une perte d’intérêt pour les activités habituelles, une irritabilité persistante avec des moments de colères spontanées qui surviennent au travail et/ou à la maison. Une augmentation de la consommation d’alcool, de tabac, d'aliments gras/sucrés et/ou autres produits psychoactifs, (à visée anesthésiante du mal être intérieur, « comme soupape » ou pour maintenir un rythme…) peuvent être consécutifs et potentialiser secondairement le mal être avec un vrai risque de basculer dans l’addiction avec les dommages que l'on connaît qui peuvent s'en suivre.
Les symptômes peuvent être légers puis au fil du temps avec leur non prise en compte s'aggraver et conduire à des symptômes graves incapacitants.
Quelques outils pour réduire le niveau de stress :
Il est essentiel dans nos catégories de métiers, d'apprendre à reconnaître les signaux d’alarme et y prêter toute notre attention. De cette manière nous pouvons rectifier la trajectoire et être à l'écoute de nos besoins et nos limites en souffrance afin d'en prendre soin dès que possible. D'autant qu'une grande partie des institutions malgré les injonctions de veille sur les professionnels de santé d'ordre légal via le deploiement d'une politique interne de prévention des risques psychosociaux ont des difficultés à protéger leurs salariés et les respecter dans leurs limites.
Par exemple si je me sens irritable tous les jours, ça doit être le voyant d'alerte fort qui me dit que quelque chose ne va pas. Il est alors pertinent de repérer l’irritabilité qui s’est installée et questionner les raisons de son installation. Suis-je fatiguée ? Physiquement ? Emotionnellement ? Est ce que j'ai besoin de temps pour moi ? De calme ? Quelles sont les sources de stress ? Les lister...Ou en suis-je en terme de charge mentale ?
Vous pouvez initier un travail sur les sources de stress si cela est possible seul et/ou accompagné au besoin. Identifier ce qui génère l'état de stress, les stresseurs (confère article sur le stress) qui déclenchent le mal être (internes ou externes), ce qui sont modifiables et ceux qui ne le sont pas. Modifier ce qui peut l'être et imaginer des soupapes naturelles à mettre en place pour décompresser et se ressourcer (activité physique, exercice de respiration, cohérence cardiaque, relaxation, loisirs...).
Il est essentiel de ne pas nier ni même minimiser son niveau de stress, car le déni n’est jamais aidant et concourt à la déconnexion de soi et au processus d'épuisement. Il vaut mieux y faire face pour pouvoir améliorer ce qui peut l'être et être moins perméable au(x) stresseur(s) en question.
Dans un premier temps, il s'agit donc d'identifier la source du stress. Parle t’on d’une surcharge de travail ? Est-ce une mauvaise connaissance du service, un manque de matériel, ou encore un changement de logiciel qui est à l'origine du stress? S'agit-il d'un conflit au sein de mon équipe, avec mon supérieur hiérarchique ? S'agit-il de conditions de travail difficiles et douloureuses ? Suis-je à bout de ressources émotionnelles parce que ce que les prises en charges dans le services sont difficiles (successions de décès, suicides, situations complexes, maltraitance...).
Puis vous pouvez tenter d’agir dessus. Cela peut passer par le recours à un tiers, en sollicitant l'écoute de proches ou de collègues pour qu’ils vous donnent leur avis sur la situation.
Dans le cas d'un conflit si les conditions le permettent et que l'espace professionnel est suffisamment « sécure » pour être et s'exprimer il peut être judicieux de se rapprocher de celui qui est concerné pour trouver ensemble une solution.
Vous pouvez y réfléchir également seul dans un premier temps afin de prendre le recul de la réflexion et provoquer un temps de d'échanges une fois que la température de la tension émotionnelle est retombée. L’idée à garder en tête c’est de ne pas rester seul avec votre problème.
Il y aura toujours des événements stressants, ça nous ne pouvons pas l’éviter. On peut en revanche réfléchir à comment faire pour que cet événement soit moins stressant et impactant sur le plan émotionnel? Plusieurs directions d'exploration sont envisageables pour ébaucher un ajustement du niveau de stress: Soi, l’Evénement et le Contexte dans lequel à lieu l'évènement.
La plupart du temps l'intensité du vécu émotionnel est corrélé à la perception subjective qu’on a de l’événement qui rend la situation stressante.
Autrement dit, ce que je ressens est souvent intiment lié avec l'histoire que je me raconte intérieurement au sujet de l'évènement qui provoque du stress en moi (hors situation de drame, de violences psychologiques type harcèlement (...) qui nuisent à mon intégrité psychique et émotionnelle et qui a juste titre déclenche une douleur émotionnelle importante ...)
Prenons deux exemples :
Exemple n°1 : Un patient sonne pour la 5ème fois en 1heure
Interprétations possibles (non exhaustives)
- Catastrophisme : Il va finir par se plaindre de moi. Je suis une mauvaise infirmière s'il sonne encore. Mes collègues vont penser que je suis incompétente. Je ne serai jamais à la hauteur dans ce métier...
- Exemples de vécus intérieurs associés et tendance à l'action (non exhaustifs): anxiété, boule au ventre, cœur qui s'accélère, évitement (envie de ne pas répondre), sentiment de culpabilité ruminations ("je suis nulle")
- Avec des notes persécutives : Il le fait exprès pour m'embêter. Il me prend pour sa bonne. Encore un patient capricieux et exigeant. Il n'a rien de grave, il abuse. Il cherche juste de l'attention...
- Exemples de vécus intérieurs associés et tendance à l'action (non exhaustifs): colère, irritation tensions musculaires, envie de répondre sèchement, agressivité...
- Plus contextualisée : Il doit être vraiment angoissé ou souffrant. C'est normal qu'un patient hospitalisé soit inquiet. Je suis débordée aujourd'hui, c'est la situation qui est difficile, pas moi qui suis nulle. Je vais voir ce dont il a besoin, et je lui explique que je reviendrai dans 30 minutes. Peut-être qu'un temps d'écoute maintenant évitera 10 sonneries plus tard.
- Exemples de vécus intérieurs associés et tendance à l'action (non exhaustifs): calme relatif (le stress est là mais gérable), empathie préservée, capacité à agir de façon professionnelle, recherche de solutions. Je ne m'attribue pas la responsabilité du comportement de l'autre. Je ne prends pas les choses personnellement.
Exemple n°2: Mon chef de service critique une de mes prises en charge devant l'équipe
Interprétations possibles (non exhaustives)
- Humiliation : Il me rabaisse devant tout le monde. Je suis ridicule, mes collègues vont me mépriser. Je me dévalorise je suis un imposteur . Il a raison, je suis incompétent(e).
- Exemple de vécus intérieurs associés et tendance à l'action (non exhaustifs): honte, envie de disparaître, de fuir perte de confiance en soi, ruminations pendant des jours/semaines, évitement du chef (peur de nouvelles critiques)
- Injustice et colère : Il n'a pas le droit de me parler comme ça. C'est un abus de pouvoir, un management toxique" .Il ne connaît pas le contexte, il juge sans savoir. Il veut juste montrer qu'il est le chef. Je vais lui faire payer ça.
- Exemple de vécus intérieurs associés et tendance à l'action (non exhaustifs) : colère intense, sentiment d'injustice, ruminations vengeresses, risque de conflit ouvert, démotivation, envie de partir
- Nuancée : sa critique est maladroite (le faire devant l'équipe), mais peut-être qu'il a raison sur le fond. Qu'est-ce que je peux apprendre de ce qu'il m'a dit ? (En faisant preuve de lucidité et d'honnêteté, et si la critique est fondée bien entendu). Je vais lui demander un entretien en privé pour comprendre. J'en profiterai pour lui dire que la prochaine fois il serait plus adéquat que son retour se fasse en tête à tête. C'est difficile à entendre, mais ça ne définit pas ma valeur. Je vais en parler avec une personne de confiance pour avoir son avis et prendre du recul. Si ça se transforme en harcèlement (critiques répétées non justifiée dans des contextes inadéquat), je prendrai les mesures appropriées (médecine du travail, représentant du personnel, dépôt de plainte … )
- Exemple de vécus intérieurs associés et tendance à l'action (non exhaustifs) : Inconfort émotionnel (normal) mais gérable, capacité à mettre à profit la critique, assertivité : recadrer le cadre si nécessaire. Pas d'impact durable sur l'estime de soi.
Nous voyons dans ces deux exemples que pour le même événement, plusieurs interprétations de la situation sont possibles (les croyances que j'ai par rapport à ce qu'il se passe). Le prisme avec lequel je regarde ce qu'il se passe va influencer l'histoire que je me raconte (mes pensées) au sujet de ce qu'il se passe. Mon vécu intérieur (les émotions que je ressens) sera en adéquation avec mon scénario intérieur. J'adopterai ainsi les comportements qui émaneront de la tendance à l'action déclenchée par le vécu émotionnel éprouvé dans mon corps.
Réorienter mes pensées et questionner mon dialogue intérieur en me demandant qu'elles sont les autres interprétations possibles peut permettre d'élargir mon champ de vision et prendre du recul et dans la continuité réduire l'intensité ou carrément transformer mon vécu intérieur. Je développe ainsi une forme de flexibilité mentale.
Vous trouverez d'autres pistes pour réguler son niveau de stress ici
Et concrètement si je me sens épuisé que faire d'autre ?
La première clef : c'est bien entendu le repos. Un sportif avec une blessure grave a évidement besoin de faire une pause. Cela implique des soins et du temps pour cicatriser. Parallèlement, il peut également entrer dans un processus réflexif pour identifier les facteurs ayant favorisés sa blessure et ceux à l'origine de celle ci. Ils sont sans doute multiples. Certains possiblement transformables et modifiables et d’autres extérieurs à lui-même sur lesquels il lui est impossible malheureusement d’agir.
Transposons cela au burnout. Dans un premier temps, en cas d'épuisement, il est essentiel d’aller chercher de l’aide auprès de professionnels de santé, s'arrêter se reposer et récupérer. En parallèle, il semble également judicieux de toquer à la porte de psychothérapeutes formés et/ou d'associations spécialisées pour identifier et mettre en lumière ce qui à un moment donné a permis en nous la déconnexion de soi, l’hyper-adaptation au stress chronique, la non écoute de nos limites et de nos besoins ainsi que les particularités du contexte professionnel qui l'ont permis.
Il paraît intéressant d’étayer les failles d'estime de soi s'il y en a, ainsi que la confiance en soi, les schémas de perfectionnisme s'ils existent ou autres schémas dysfonctionnels (…) de consolider l'affirmation de soi, et d'explorer les champs possibles de régulation du stress et des émotions pour mettre en place des soupapes physiologiques saines. Il est également pertinent de faire un tour d'horizon à 360° sur les différentes dimensions de sa vie et d'ajuster en cas de déséquilibre importants les différents pans.
Il peut être judicieux de se tester avec l’inventaire de Maslach qui mesure le niveau d’épuisement professionnel pour voir ou on en est. Il teste les 3 dimensions du burnout : le sentiment d'épuisement émotionnel, la déshumanisation et l'accomplissement personnel au travail. Vous retrouverez aisément cet inventaire en accès libre en ligne.
Cela ne vous dispense pas d'aller consulter si vous êtes mal. Il est important de savoir vers qui se tourner si les symptômes persistent. La chronicité du stress détériore votre organisme et votre santé mentale, des troubles anxieux peuvent commencer à s'installer conjointement à l'épuisement, tout comme un trouble thymique dépressif. Vous pouvez vous rapprocher de votre médecin de famille, d'un médecin du travail, d'un psychothérapeute, d'associations comme L'institut pour la Santé des soignants, France Burnout (...) qui peuvent vous apporter des conseils et vous aider à vous orienter.
Ne rester pas seul avec vos symptômes surtout s’ils s’aggravent. Pour pouvoir les enrayer il est important d'accepter de recevoir de l'aide et de vous reposer.
Mais alors en résumé si je me sens épuisé ou puis-je agir ?
Prenez soin de votre sommeil et de votre temps de récupération :
- Protégez votre espace de sommeil réservez vous 6h30 à 9h de sommeil
- Créez une routine de coucher apaisante (exercice de relaxation ou d'autohypnose)
- N'hésitez pas à faire des siestes si besoin
- Consultez si vous présentez des troubles du sommeil persistants
- Pendant vos jours de repos prévoyez du temps pour vraiment récupérer et déconnecter
Pratiquez une activité physique régulière
- Pratiquez 30 minutes d'activité physique que vous aimez et qui vous donne du plaisir au moins 3 fois par semaine
- Allez marcher dans la nature
Prenez soin de votre alimentation et votre hydratation
- Préparez des repas sains et équilibré même à l'avance si nécessaire
- Pensez à vous hydrater régulièrement
- Limitez la caféine
- Évitez l'alcool, le tabac et les produits psychoactif pour réguler votre stress
Trouver des soupapes naturelles pour baisser votre niveau de stress
- Mettre en place des exercice de respiration quotidiennement (la cohérence cardiaque par exemple)
- Pratiquer la méditation de pleine conscience ou des exercices de relaxation
- Créer des rituels de décompression après le travail (douche, musique, marche)
- Identifier ce qui fonctionne pour vous et vous apaise. Nous sommes tous différents et ce qui fonctionne pour moi ne marchera peut être pas pour vous.
Oser poser des limites professionnelles claires et fermes sans vous justifier. Ce n'est pas parce que vous avez choisi de devenir un professionnel de santé que vous devez y laisser votre santé (mentale et physique).
- Apprendre à dire non aux demandes excessives ou irréalistes
- Respecter ses horaires de travail (ne pas systématiquement déborder)
- Eviter de consulter vos emails et messages professionnels en dehors des heures de travail
- Refuser les heures supplémentaires si vous êtes épuisés
- S'autoriser à prendre ses congés sans culpabilité
Penser la déconnexion mentale comme un SAS de décompression
- Créer des rituels de transition travail/maison (trajet à pied, à vélo, musique, sport...)
- Réorienter les pensées qui tournent autours du travail lorsque vous avez quitté vers un autre sujet. Au besoin écrire ce qui vous préoccupe pour « sortir de soi » ce qui tourne dans la tête. Prendre le temps d'en parler si vous avez besoin de verbaliser.
- Cultiver des centres d’intérêts différents et variés qui vous nourrissent
Se connaître, se reconnaître, s'accepter et se respecter émotionnellement
- Reconnaître ses propres limites émotionnelles, les respecter
- S'autoriser à être affecté sans culpabiliser. Nous sommes des êtres sensibles et nous avons le droit d'être vivant.
- Demander du soutien quand une situation est trop lourde
- Ne pas porter seul le poids de situations difficiles
- Accepter même si c'est difficile qu'on ne peut pas tout résoudre, ni sauver tout le monde. Vous avez certainement de fortes motivations qui vous meuvent intérieurement, et c'est très chouette ! Si vous faite de votre mieux c'est déjà très bien. Pensez à préserver votre intégrité physique et psychique, la santé on en a qu'une. Soignez les individus c'est beau et noble mais pas à votre détriment.
Investissez votre vie, une vie personnelle riche est vectrice d'épanouissement (en étant à l'écoute de soi, de ses besoins et limites)
- Prévoyez régulièrement du temps de qualité avec vos proches et vos amis
- Investissez vous dans des activités sociales hors travail (associations...)
- Prenez soin de votre vie de couple et de votre vie de famille. Nos proches lorsque nous sommes bien entourés sont précieux et partager du temps de qualité fait du bien et recharge les batteries
- Équilibrer vie personnelle et vie professionnelle. Un jour le travail ça s’arrête ! Il restera donc ce que vous avez construit à coté.
Clarifier ses motivations profondes et orienter son esprit vers ce qui se passe bien (sans nier le reste)
- Se rappeler pourquoi on a choisi ce métier
- Identifier ce qui donne encore du sens dans son travail (les patients, ce qu'on apporte...)
- Reconnaître les petites victoires du quotidien et les moments positifs. Le cerveau est ainsi fait qu'il se focalise aisément sur ce qui ne va pas. Impulser de nouvelles dynamiques cognitives en prenant l'habitude de vous concentrer sur des choses positives
- Tenir un journal de gratitude en lien avec votre journée professionnelle (listez une dizaine de choses positives – agréables - pour lesquelles vous pouvez dire merci) (Le médecin qui équilibre sur la semaine le nombre de bilans sanguins par rapport à la présence infirmière, la collègue qui a complimenté votre tenue, le patient qui a reconnu la qualité de vos soins...)
- Pratiquer la bienveillance avec soi même comme on le ferait avec un ami (sans tomber dans la complaisance)
- Reconnaître qu'on fait de son mieux dans les circonstances données
- Ajuster ses attentes
Reconnaître les signaux d'alerte et agir vite
- Être attentif à sa fatigue, son irritabilité, son sommeil
- Évaluer régulièrement sa satisfaction au travail
- Identifier les moments où on ne "déconnecte" plus
- Prendre au sérieux les premiers signaux même à faible intensité pour ajuster avant qu'ils ne crient trop fort. Si je n'ai pas mis ma ceinture de sécurité, l'alarme sonore de ma voiture se déclenche pour me rappeler qu'il manque un quelque chose pour ma sécurité, si je ne la mets pas le volume augmente jusqu'à devenir très désagréable afin que je réagisse. Le corps humain et les signaux qu'il envoie c'est pareil. Autant l'écouter quand il chuchote de cette manière je n'aurai pas à le sentir quand il hurle.
Agir rapidement
- Ne pas attendre d'être au bout du rouleau pour consulter
- Prendre quelques jours de repos si épuisement il y a
- Envisager un arrêt de travail si nécessaire
- Demander un aménagement de poste temporaire si besoin
Envisager des changements
- Réfléchir à un changement de service si les espaces relationnels sont toxiques (tant entre les collègues qu'avec le management). Je pense que les cordonniers devraient être les mieux chausser et que la cohésion d'équipe devrait être une valeur forte dans la santé, mais malheureusement sur le terrain c'est parfois très différent pour diverses raison dont les conditions de travail.
- Explorer la possibilité d'un changement de service
- Envisager une formation pour évoluer et se faire accompagner au besoin pour clarifier et confirmer ce qui pourrait nous correspondre
- Dans certains cas, malheureusement il est parfois salvateur d'accepter de partir pour sa santé et chercher un autre poste.
Qu'en est il au niveau institutionnel ?
A l'échelle institutionnelle, la cellule de la qualité de vie au travail et le service des ressources humaines, s'occupent de la prévention des risques psychosociaux. Une partie de leurs missions au delà de la dimension de « veille » est d'impulser des actions pour le bien être et le bien vivre au travail afin d'améliorer les conditions de travail et que celui-ci ne deviennent pas un espace souffrant qui abîme.
Des actions de sensibilisation et de formations des managers aux risques psychosociaux ont été mise en place (dans les cursus initiaux et en complément de l''existant) pour renforcer les compétences managériales concernant ces thématiques, prévenir protéger et repérer le cas échéant.
Voici quelques pistes de réflexion pour réduire le niveau de stress et les tensions dans les équipes (Je ne développerai pas toutes les dimensions, je vous propose simplement quelques idées pour alimenter la réflexion) :
- Faire les plannings à l'avance permet de s'organiser et se projeter sur le plan personnel. Ce paramètre est important, car il évite le flou et l'incertitude et permet d'avoir des repères. Les plannings communiqués au dernier moment sont générateurs de stress
- Respecter les temps de repos entre les périodes de travail, afin de pouvoir récupérer et déconnecter
- Solliciter des personnes différentes lorsque l'effectif n'est pas en nombre. Il peut être tentant de faire appel systématiquement aux mêmes professionnels lorsqu'il y a des manques de personnels parce que c'est plus facile de leur demander (du fait de difficultés à dire non par exemple, par ce qu'ils sont plus impliqués, consciencieux, qu'ils culpabilisent (…) ). Ces derniers ne sont peut être pas en lien avec leurs limites, et peuvent sans s'en rendre compte creuser la dette dans leur vitalité.
- Mettre de l'intelligence dans les aménagements d'horaires si cela est possible en fonction des besoins personnels peut être intéressant dans l'espace de flexibilité créer au sein de l'équipe.
- Disposer de temps nécessaire pour les différentes facettes du travail et des missions comme les transmissions, les soins (…) et aussi les temps de pause, de manière à ne pas être sous stress tout le temps.
- Les tâches administratives et la traçabilité prennent un temps conséquent sur nos espaces de travail et les complexifient, et ce au détriment du temps passé avec le patient. Réfléchir à des moyens qui allègent ces dimensions peut être une direction intéressante (logiciel qui permet de dicter pour tous les professionnels, via l'intelligence artificielle par exemple)
- Accompagner les cadres de santé à développer de vraies compétences dans les dimensions de la communication interpersonnelle, et des leviers motivationnels collectifs et sains pour renforcer la cohésion d'équipe.
- Réguler rapidement les conflits et créer des espaces de dialogue
- Valoriser et reconnaître le travail accompli de manière factuelle et sincère (ni trop, ni trop peu) cela concoure à garder de la motivation.
- Encourager l'entraide et la solidarité. Créer une culture de respect mutuel et de bienveillance. La bienveillance n'est pas synonyme de complaisance et ne signifie pas tout accepter. On peut être bienveillant assertif, savoir dire non et même se fâcher lorsque cela est nécessaire.
- Donner de l'autonomie dans l'organisation de travail et impliquer les équipes dans les décisions qui les concernent. Co-construire les changements plutôt que les imposer rend acteur les professionnels qui peuvent se saisir plus facilement de ce qui amené à être.
- La stratification décisionnelle de certains établissements de santé limitent l'innovation et la mobilisation de la créativité et des talents des professionnels. Mettre en place des projets peut être alors fastidieux, démotiver jusqu'à parfois faire perdre le sens. Alléger les étapes tout en gardant une exigence de qualité n'est pas incompatible.
- Au niveau de la logistique et des conditions matérielles, il est évident que lorsque tous les besoins sont pourvus ça facilite aisément les conditions travail.
- Nos métiers avec la répétition et les exigences qu'ils demandent en terme de ressources émotionnelles, peuvent sur le long terme nous user. Reconnaître ces dimensions inhérentes à nos professions est déjà un premier pas et lève le poids du silence. En parler librement et accepter cette réalité sans en faire une fatalité, favorise la prise de conscience du phénomène, permet sa destigmatisation, facilite la mise en place d'action de prévention et par ricochet avec cette autorisation tacite, on peut demander de l'aide plus facilement le cas échéant.
- Réhumaniser les liens entre les professionnels et l'institution avec au cœur de celui-ci du respect et de la protection.
- (…) .
Quid des décisions politiques et de notre société ?
L'institution est malheureusement dépendance des décisions politiques ainsi que des ressources matérielles et financières qui lui sont allouées. Elle est aussi dépendante des personnes et des moyens humains qui la font fonctionner. Le cercle est vicieux puisque penser la rentabilité veut que des process performatifs de travail soient appliqués bêtement de manière standardisée sans prendre en compte les spécificités et les particularités du terrain.
Les coûts d'hospitalisation sont augmentés et les durées de séjours diminuées afin que les établissements respectent les budgets alloués et / ou gagnent des sous, le tout sans prendre en compte l'impact sur la qualité des soins et sur les valeurs des soignants.
Un service de chirurgie n'aura pas la même moyenne de durée d'hospitalisation qu'un service de médecine interne ou de médecine gériatrique. Ces deux derniers auront implicitement l'image de services qui ne sont pas « rentables » et ne font pas gagner d'argent à l’hôpital, alors qu'ils sont techniques et complexes et qu'ils rendent eux aussi un vrai service.
L’hôpital se retrouvera en déficit alors qu'il soigne des gens parce qu'il n'arrive pas à rentrer dans les cases financières qui lui sont imposées par les modèles économiques hors sol, et qu'on ne lui donne pas les moyens de bien faire les choses. A un autre niveau, les tensions internes du système s'exacerberont. Les professionnels à qui on demande de rafistoler à coup de rustines ce qui est abîmé et de pallier aux manques s'épuisent et finissent eux aussi par quitter le navire, aggravant encore par ricochets les conditions de travail ainsi que les tensions.
En parallèle les organismes privés donneront les places de choix aux patients plus « faciles » à soigner et bénéficieront de financements. L’hôpital public quant à lui se retrouvera avec les patients complexes qui nécessitent plus de soins et plus de temps et il ne pourra pas être rentable. Il se trouvera dans une posture d'injonction paradoxale : bien soigner et gagner de l'argent et sera quoiqu'il en soit perdant à ses dépends à un niveau ou à un autre. Alors de nouvelles idées seront pensées pour pallier à ceci sans modifier les bases dysfonctionnelles et l'énergie sera déployée à rendre encore plus performant le système pour limiter et réduire les coûts.
Pourrait on penser un modèle économique qui définissent et reconnaissent la vraie valeur des soins apportés ? Comment pourrait on penser un modèle d'organisation qui permettent de bien faire son travail ? Qui permettent des effectifs soignants suffisants pour travailler en sécurité, pour prendre plaisir en travaillant, pour avoir le temps de bien faire ?
Comment l'institution pourrait mieux respecter son personnel ? Lui redonner une valeur humaine et être à l'écoute de ses appétences plutôt que de lui imposer des affectations alors que ce n'est pas son élan premier? Des moyens d'actions banalisés et normalisés qui finissent par coûter cher aux systèmes quand les professionnels à bout et dégoutés finissent par jeter l'éponge. C'est une boucle sans fin si on ne prend pas le temps de redéfinir les priorités.
Dans une autre dimension, nous savons que la santé ne commence pas à l’hôpital. Repenser nos modes de vie, ce que nous mettons dans nos assiettes et ce que nous acceptons de « produire », notre manière de vivre ensemble, les valeurs qui façonnent notre société et qui abîment l'essence de l'être humain (…) pourrait être une première étape .
Comment la société pourrait repenser la valeur accordée au fait de soigner? Nous savons que le sucre, la malbouffe, les produits ultra-transformés, les fast-foods abîment la santé et pourtant ils pullulent de manière virale dans les rayons et dans les villes, transformant en profondeur nos habitudes alimentaires. Jouant sur la facilité l'immédiateté et l'appétence, ils appauvrissent l'état de santé des populations. Ils sont responsables à moyen et long terme de pathologies chroniques qui coûtent très chères. Normalisés aujourd'hui ils me font penser, il y a un temps jadis entre nous pas si lointain, aux mécaniques employées par les lobbys du tabac et de l'alcool.
Il serait alors tentant d'activer le « levier » de la responsabilisation individuelle, en disant que les gens sont conscients et ont leur libre arbitre pour choisir la manière dont ils se nourrissent. Ce serait méconnaître le fonctionnement de l'humain et sa facilité à se conformer à ce qui est proposé de par sa nature mimétique, ainsi que son appétence à la facilité. Le neuromarketing sévit malheureusement, et les publicités intrusent notre quotidien jouant sur des leviers émotionnels forts de la sensibilité de l'humain pour le pousser à la consommation.
Dans un autre espace, à un autre niveau l'individualisme croît depuis plusieurs décennies, et les liens humains se fragilisent. La représentation famille s'est transformée et les liens socles s'effilochent. Les codes du « être ensemble » se sont modifiés, et l'entraide devient fragile. L'être humain est devenu malgré lui avec l'impulsion de la culture du toujours plus, un consommateur pollueur, et les figures d'identifications se sont parées des plus vils vices banalisés mettant à l'écart certains codes de valeurs morales qui font qu'on peut bien fonctionner ensemble.
Le consumérisme et l'interchangeabilité remplacent insidieusement l'investissement, l'exigence et l'engagement à long terme. Nos aînés et leurs sagesses sont mis de coté et la richesse de l'expérience professionnelle des quincas bafouée sous couvert d'économie au profit de la fougue de la jeunesse qui sont en réalité complémentaires et plus riches lorsqu'elles fonctionnent ensemble. La standardisation avec l'industrialisation de masse a pris la place des savoir-faire anciens, et de la richesse de l'artisanat.
Les liens sains vecteurs de nourritures affectives et relationnelles permettent une altérité qui favorisent la croissance de l'être humain ainsi que son bien être. Ils sont des facteurs protecteurs de la santé. Souffrir de solitude à notre époque est monnaie courante chez nos aînés mais aussi chez les plus jeunes et le nombre de dépressions a explosé.
Selon une étude dirigée par l’OMS, il est prévu que la dépression soit la 1 ère cause d’invalidité en 2030 et que le manque de reconnaissance et d’accès aux soins des personnes déprimées ou anxieuses soient responsables au niveau mondial d’une perte financière de 1000 milliards de dollars par an pesant sur les familles les employeurs et les gouvernements
La mécanique est complexe et elle dépasse largement le fonctionnement d'un service de soins d'un hôpital et même du système de santé lui même.
Voici quelques exemples pris à la volée parmi d'autres auxquels on pourrait penser (l'explosion de cancers chez les jeunes, l'agriculture intensive, les conséquences encore niées des pesticides et des produits phytosanitaires, la dévastation des écosystèmes (…) ), sur lesquels il me paraît pertinent de se pencher pour repenser la valeur accordée à notre santé dans les dimensions bio-psycho-sociales et environnementale au niveau de notre société sur le long terme en commençant par des vraies politiques de prévention et de protection des populations.
L'argent étant malheureusement la référence en terme de conversion de valeur et de ce fait le nerf de la guerre en terme d'argument pour convaincre, pourrions nous imaginer un calcul total du « coût social total »de la malbouffe des produits ultra-transformés, du sucre et de ses conséquences comme l'obésité, certaines pathologies chroniques et tout ce que j'oublie (...) et des dépenses de santé que cela implique ? Qu'est ce que cela changerait si on avait une évaluation complète et juste ? Repenserions nous nos modes de fonctionnement ? Remettrions nous en question notre manière de faire société ? Changerions nous les modèles d'identifications véhiculés aux jeunes générations ? Prendrions nous plus soins de notre environnement, et des organes vitaux de la société dont le système de santé fait partie?
Autant de questions en suspens pour lesquelles une réponse individuelle est plus qu'insuffisante.
Gardons à l'esprit que notre système de santé est précieux, alors prenons en soin !
Pour aller plus loin :
- Burn Out: le syndrome d'épuisement professionnel - Christina Maslach Michael P Leiter
- Le burn-out du soignant, Le syndrome d'épuisement professionnel - Michel Delbrouck
- Comment traiter le burn out ? Michel Delbrouck, Pascale Vénara, François Goulet, Roger Ladouceur
- Formation "Le stress" - Formations Psy : Formation continue en psychologie
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