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La perversion Narcissique

TER'HAPPY Eugénie THEVENON Coach professionnel certifié Troyes Aube Champagne Grand Est
Publié par dans Actualité · 14 Juillet 2019
PREMIERE PARTIE
 

La constitution du Trouble

Rappel rapide des niveaux de vie psychique d'un individu:

Pour simplifier et donner une vision claire, notre vie psychologique peut se décliner en quatre niveaux:

    • La vie mentale qui recoupe la réflexion logique, l'analyse, les pensées, le dialogue interne, l'imagination...

    • La vie émotionnelle: les émotions que je ressens: joie tristesse colère, peur, dégoût, surprise... Leur lieu d'expression étant corps.

    • La vie sensorielle qui se décline autours de mes 5 sens: la vue, l'ouie, l'odorat, le toucher, le goût.

    • La conscience, cette partie de nous en capacité à observer et nommer l'expression de la vie en soi.

Le profil de la perversion narcissique se développe dans l'enfance. Cette personne a été confronté très tôt à des violences de diverses natures ( abus et manques notamment de limites ) qui ont détruit  la partie sensible de son être ( et/ou n'ont pas permis la construction mature) : sa vie émotionnelle. Par survie, il a choisi de se couper de ses émotions. La personne qui présente ce trouble a souvent eu elle même (mais pas obligatoirement) un parent atteint de ce même trouble qui l'a amené à se structurer de cette manière.

Pour survivre cette personne est  obligée de s'adapter et mettre en place une succession de mécanismes pour pallier et répondre aux attentes de son parent qui ne la nourrit pas sur la plan affectif. Son developpement psychique est altéré et stoppé.

L’enfant sain se construit  avec l’amour, les valeurs, les limites et les repères structurants qu’il reçoit de ses parents. Ils sont le modèle de référence de la construction du petit être en devenir.

Le parent du PN  ne sait pas l’aimer pour qui il est. Ce que comprend l'enfant c'est que seules les apparences comptent. Elles sont gages "d'une pseudo valorisation" et de reconnaissance .  Il a pu être utilisé comme faire valoir aux yeux des autres. Il n'a pas eu le droit d'être et d'exprimer son unicité. Son identité est étouffée et noyée, on ne lui a pas permis d'exister. Son mouvement de vie intérieur est gelé.  
  

Ses tentatives d'expressions intrinsèques ont été étouffées. Il apprend dans ses interactions relationnelles à manipuler et utiliser l'autre pour combler ses besoins, comme l'a fait son parent avec lui. Il utilise uniquement la partie mentale de son être, et calcule froidement sans affect ses faits et gestes, et ce de manière inconsciente ( c'est un mécanisme crée très tôt dans l'enfance qui est devenu autonome). C'est un acteur qui apprend à mimer les émotions et les codes interactionnels sans les vivre sur le plan émotionnel.

L'un de ses éducateurs peut être lui même atteint de cette pathologie. Dans cette perspective là, Il lui fait subir ces sévices et ceux, dès le plus jeune âge. Il est humilié et réduit à l'état de chose. La violence psychologique qu'il vit est sans précédent et il l'intègre comme norme interactionelle. Son parent l'utilise comme poupée de chiffon, et ne lui donne aucune nourriture affective ( incapable, car il est malade). Il s'en sert comme faire valoir narcissique, tuant progressivement la vie en lui, se sentant fort et puissant quand celui ci est sous son contrôle. L'enfant adopte ce mode de fonctionnement pour survivre, ce qui le structure jusqu'à l'age adulte.

Apprenant que les relations sont de l'ordre de la domination/soumission, prédateur/ proie, il comprend de par son environnement  qu'avoir de la vie en soi c'est  être faible et que le système émotionnel est une fragilité à exploiter pour subvenir à ses propres besoins. Suite à cela, à la manière de l'odorat subtil du chien qui trouve les truffes, il développe un scanner à failles des individus et une communication affinée pour utiliser les gens et mettre des coups vicieux et subtils là ou ça fait mal. Il reproduit le modèle relationnel qu'il a appris enfant.

De cette manière, il asservit celui ou celle qu'il rencontre en mettant à mal sa sensibilité créant ainsi un processus d'emprise. Coupé de son humanité, dénué d'empathie,  il  fait revivre à l'autre la souffrance qu'il a éprouvé dans l'enfance. Cela éteint à petit feu la personne qui en est la cible, à l'image de la grenouille qui ne savait pas qu'elle était cuite, l'autre perd petit à petit toute la magie de la vie qui est en lui ainsi que son discernement...   

Véritable psychose ( que l'on nomme psychose blanche ), il projette sur l'autre la partie sombre de son être, qu'il est incapable de sentir comme lui appartenant du fait de la béance de la faille intérieure qu'il porte et de son immaturité psychique. En vrai il se deteste et projette sa haine de lui sur cet autre qu'il admire.  

Il n'a pas accès à l'altérité, phase de construction psychique dans l'enfance qui reconnaît l'autre comme individu différent et séparé. Il a vécu  sous la coupe du parent maltraitant et n'a pas eu l'espace pour créer une identité propre.  Il est tel un caméléon changeant de couleurs constamment pour s'adapter à la personne avec laquelle il échange.

Un mécanisme  de défense autonome se met en place pour le protéger de la conscience du vide abyssale qui existe en lui. Effet compensatoire à la béance de la faille narcissique qu'il ne veut pas voir, ( il en est simplement incapable, cela produirait un effondrement psychique), il tue sa proie par à-coups sournois et vicieux. Dans son esprit, lui est parfait et plus fort que les autres. Il projette toutes ses facettes sombres sur l'autre et l'assaille de critiques.

Une rage et une jalousie existentielle inconscientes l'habitent, à la hauteur des violences qu'il a subi ( réelles ou imaginées qu'il  a vécu comme telles) ( le parent n'étant pas en mesure d'être réellement à l écoute de ses besoins et de qui il est). Il a une posture ambivalente en admirant la vie chez les êtres sensibles et en la haïssant car elle n'existe plus en lui.   La partie vivante étant détruite chez cet individu il est dans l'incapacité de faire des deuils. Cela voudrait dire regarder la douleur à l'intérieur de soi alors  qu'il la fuit par survie. Pour contrebalancer ce chaos, il projette sur l'autre le  mépris qu'il a de lui même, se positionnant dans une posture de toute puissance, illusion de son esprit pour survivre à l'amputation de la quasi-totalité de son âme. Il porte un masque celui du gentilhomme qui cache son vrai visage de  folie destructrice.  Il est fin observateur et mime les émotions ( souvent de manière théâtrale ) pour donner à paraître la sensibilité qu'il n'a pas et se fondre dans la masse.  

Étant dénué de son essence, il n'a ni empathie ni créativité, cette dernière résultant d'une forme d'intelligence émotionnelle il ne sait pas créer. Amputé d'une large partie de son intelligence vivante par ses blessures d'enfance, il  vit d'énormes frustrations au quotidien, enviant et jalousant toujours plus ceux qui ont leurs pleines et entières capacités à créer et être. Alors il mime, ment  singe, séduit pour capturer une proie à laquelle il veut dérober ce qu'il n'a pas.

L'apprentissage chez cet individu est limité, il mime sans incarnation ni réelle compréhension profonde  de ce qu'il vit, puisqu'il n'a pas de vie émotionnelle. Il a une soif d'être admiré, ne comprenant pas que le réservoir intérieur de nourritures affectives se remplit par les échanges avec les autres et en étant en lien ( il ne sait pas comment faire), il est tel un enfant dans un corps d'adulte qui a besoin d 'être le centre de l'attention de tous. Il s’immisce prend toute la place, et ne supporte pas que quelqu'un « brille » plus que lui. Dans ces cas là il l'éteint à coup de joutes verbales.

Ne pouvant satisfaire ses besoins, notamment celui de reconnaissance (qui est un besoin légitime chez l'être humain), limité par les apprentissages qu'il a fait enfant, sans créativité, il se centre sur le paraître et le regard de l'autre pour se sentir avoir une valeur qui comme on le sait bien n'a que peu de poids et vacille facilement au vue de la porosité du masque du paraître et de l'imposture que cela représente. Mais lui c'est sa seule échappatoire pour avoir un semblant de reconnaissance de son existence. La fragilité  de la stratégie étant palpable, son narcissisme brûlé au 3ème degré qu'il n'a pas soigné, il détruit de manière machiavélique avec son intelligence froide ceux qu'il imagine dans son délire  lui faire de l'ombre .   

Paradoxe entre être et paraître : Il veut être aimé, il ne s'aime pas. Il admire les qualités humaines des autres, il ne sait pas créer les siennes puisqu'il vit au quotidien des frustrations énormes constitutionnelles qui activent une haine liée aux blessures narcissiques qui l'habitent et pour lesquelles il est dans une impossibilité de remise en question car il a choisit de se mentir quant à sa nature ( attitude préservatrice d'une vérité trop violente à intégrer).

Dans son mensonge, et incapable de se remettre en question, ( tout s'écroulerait pour lui sinon on parle de psychose blanche)  il use et abuse de stratégies de communication manipulatoires pour retourner les situations à son avantage et se dédouaner de ses responsabilités. Nous les verrons en détails dans un prochain article.   
 
En attendant prenez soin de vous...
                                                

                                                                            Eugénie Thevenon



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