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La communication perverse

TER'HAPPY Eugénie THEVENON Coach professionnel certifié Troyes Aube Champagne Grand Est
Publié par dans Actualité · 17 Juillet 2019
Nous allons terminer cette série autours de l’identification de la communication et quelques pistes stratégiques pour préserver au mieux son intégrité lorsque nous sommes obligés d’être en relation avec ce type de personnalité.
Nous avons vu dans les articles précedents ( partie 1 / partie 2 ) que la personne qui présente ce type de personnalité a mis en place une série de mécanismes de défense lorsqu'elle était enfant pour se protéger de son environnement toxique qui ne lui a pas permis de se développer et murir sur le plan psychique.

Amputé de la partie vitale de son être, il / elle reproduit le schéma inconscient qu’il a vécu. Il met en place  un phénomène d’emprise qui se déroule en plusieurs phases: séduction / test du lien et mise en place de l’emprise par chaud froid / isolement et destruction. Dans ce processus, vous n’êtes en rien responsable de la folie de l’autre.

Il n’a pas accès à l’altérité. C’est à dire qu’il ne vous différencie pas de lui. Par un mécanisme de projection, il vous désigne  comme étant le prolongement de lui-même.  Il décharge la noirceur de son être  sur vous par le biais de la projection psychologique. Il apaise ainsi ses tensions internes. Il vous accuse de cette partie en lui qu’il n’a pas intégré comme sienne. Sa psychologie ne lui permet pas : il est fragile. Il fait vôtres ses propres failles.

Continuons par identifier sa communication :


Lorsque vous cherchez à établir une communication pour résoudre une situation de malaise ou de conflit, le pervers narcissique retourne les choses à son avantage et rejette  la faute sur vous. Il vous fait culpabiliser et ne prend pas ses responsabilités. Il inverse habilement la situation en maniant le verbe.

  • Par exemple, il vous questionne de manière soutenue sur une situation. En réalité, de manière tamisée, il cherche la faille pour vous remettre en question et créer le doute dans votre esprit. Lorsqu’il la trouve,  il glisse une critique déstabilisante finement dosée. Il vous pointe du doigts sous-entendant que vous vous trompez. Il remet en cause vos ressentis, insinuant qu’ils sont inappropriés. Il discrédite sournoisement votre GPS interne qui pourtant vous indique le chemin. Il suggère ainsi que vous êtes “nul” et complètement à coté de ce qui est. Vous vous retrouvez sonné, confus, sans comprendre ce qu’il vous arrive.

Ne lui parlez pas de vous, ni de ce que vous aimez. Il utilisera l’information recueillie pour abîmer vos représentations.
Si vous êtes quelqu’un qui tient compte de ce qu’on lui dit et se remet en question, ce que cette personne injecte dans votre esprit devient très vite un poison toxique qui prend beaucoup de place. Vous commencez à douter à propos de choses qui sont basiques et élémentaires en temps normal. Cela vous empêche de réagir normalement et vous amène petit à petit à accepter l’inacceptable.

  • Il vous embrouille en utilisant des termes techniques  sophistiqués avec des formulations incompréhensibles et contradictoires. Cette stratégie vise à  mettre à mal et arrêter la communication. Il abîme l’estime de vous en créant un espace d’échanges où il vous est impossible de comprendre. Vous n’arrivez pas à suivre ce qu’il vous dit, et donc  vous êtes incapable de répondre. Vous vous sentez rabaissé.

Et il ment sans aucun scrupule. Il modèle la réalité dans son intérêt par protection pour sa survie. Il est dans l’incapacité de prendre ses responsabilités du fait de son immaturité.



Dans une communication saine, il y a deux interlocuteurs qui jouent un rôle dans l’échange. Et chacun est co-constructeur de ce dernier.
Si vous vous retrouvez face à quelqu’un qui inverse systématiquement les rôles, ne prend pas ses responsabilités, vous culpabilise, et ce, encore après plusieurs tentatives, alors coupez court à l’échange.

Cette personne n’est pas dans une dynamique d’échanges constructifs d’adulte à adulte et, clairement, elle manipule. Vous perdez votre temps et votre énergie et mettez en péril votre bien être psychologique. Faites le finement en entreprise, vous pouvez par exemple ne plus écouter et vous boucher les oreilles intérieurement.

  • Il prêche le faux pour savoir le vrai. Il peut vous accuser injustement de tout et n’importe quoi avec un aplomb déconcertant en utilisant des affirmations fausses sans fondement. Il ment et teste le pouvoir qu’il pense avoir sur quand il appuie sur un bouton émotionnel qui vous fait réagir.

Ne lui montrez surtout pas vos émotions. Il se nourrit de ça. Il croit avoir du pouvoir lorsque vous réagissez émotionnellement, alors que vous êtes juste vivant à l’intérieur et que lui est “mort”. Il est profondément dissocié par survie. Il se valorise ainsi en pensant être plus fort. Il a crée cette illusion pour ne pas voir son vide intérieur. Ce mécanisme de défense le protège de la béance de ses plaies et de l’effondrement psychique. Il n’est pas fort, son esprit est malade. Ne lui donnez pas ce plaisir et récupérez le pouvoir que vous lui avez accordé.

Ne prenez pas les choses personnellement. Il ne parle que de lui et de sa vision du monde erronée, PAS DE VOUS… il répète les scénarios qu’il a vécu et appris enfant.

Osez lui demander d’argumenter ce qu’il avance en le questionnant finement et en lui demandant du détail et des faits. Vous verrez que ce qu’il explique n’a pas de profondeur et n’est pas étayé par de réels arguments. Ce ne sont simplement que des manœuvres qui visent à vous déstabiliser. Et face à vos questions, il va vite clôturer le sujet, ou dire « je plaisante »…

Faites le préciser sa pensée. Vous avez le droit de poser des questions. Il cherche à vous embrouiller.De cette manière il se sent puissant et contrôle l’échange. Exprimez votre incompréhension et le flou de ces propos:

        • Dites m’en plus.
        • C’est a dire ?
        • A bon sur quoi reposez vous ce que vous avancez ?
        • Ça m’intéresse ?

Lecture de pensée :

Il utilise comme filtre distordant la réalité, la lecture de pensée. Il pense donc à votre place et sait mieux que vous ce qu’il se passe dans votre tête. En fait, il projette sur vous son interprétation de la situation du moment. Il la fait vôtre en vous en attribuant la lecture.
Dites lui qu’il se trompe et qu’il a le droit de pensez cela si ça lui procure une satisfaction. Que ça vous est égal et qu’il est libre de penser ce qu’il veut.  Ne vous appropriez pas sa pensée erronée.

Le  gashlighting :

Abus mental où l’information est déformée en étant présentée sous un jour différent. Une omission volontaire  de certaines données est faite tout en maintenant une certaine logique pour valider fallacieusement sa théorie et vous porter préjudice. Il tronque une partie de la réalité pour vous montrer à quel point vous êtes mauvais, incompétent et indigne du poste que vous occupez.

  • Par exemple, lors  d’une réunion de travail, une urgence dans votre service se présente et vous devez impérativement partir pour gérer le problème. Votre manager vous dit que vous avez quitté la réunion, faisant ainsi un abandon de poste pendant le service. C’est une faute grave dans le code du travail. En réalité, vous avez simplement résolu le problème auquel il a fallu faire face. Vous étiez le seul à connaître le dossier sur le bout des doigts  et pouvoir agir sur le champ. De plus la charge de la responsabilité au regard de vos missions était la vôtre.

Ce genre d’attaque aberrante et inattendue crée un effet de sidération spontané. Les capacités à donner une réponse sont gelées, induisant une justification comme si vous étiez en faute. En réalité, il n’en est rien.

Ne donnez pas de réponse. Prenez le temps de faire une pause dans votre esprit, de vous replonger dans la situation et de décrire au maximum (déjà à vous même, par écrit aussi) la scène en remettant du détail et le cadre.

      • Vous aviez un rendez-vous avec lui / elle, et il vous dit impunément que vous vous trompez.

      • Il / elle dissimule des dossiers ou des objets  pour vous faire passer pour fou.

Ce qu’il cherche a faire, c’est remettre en cause votre santé mentale. Il vous déstabilise émotionnellement et vous fait passer pour fragile. Il peut même pointer du doigts vos réactions de stress et de colère légitime face à ces abus.  De votre coté, restez ancré, prenez le temps d’écrire sur papier avec une grande précision. Restez confiant. Demandez conseil, et de l’aide au besoin.

– Si vous vous sentez mal dans une relation : il y a un problème !

– Si vous tentez de mettre de la transparence par les mots et qu’en retour il y a du flou: il y a un problème !

Les relations interpersonnelles ne sont pas sensées faire souffrir ni aliéner. Cela  arrive parfois. Nous sommes humains et personne n’est parfait. La résolution se fait  en règle générale par la communication avec une prise de responsabilités respectives. Si ce n’est pas le cas, protégez-vous.


Les injonctions paradoxales


Mode relationnel (qui se rencontre dans les relations d’autorité) dans lequel prendre partie pour une option dans un choix implique (par rapport à la manière où demande de choix est présentée) systématiquement une faute. Cela génère chez vous confusion, culpabilité désorientation et sensations désagréables.

La personne vous demande de choisir  entre deux possibilités gouvernées en souterrain par une troisième  règle implicite qui fait que peu importe celle pour laquelle  vous optez, en parallèle vous violez automatiquement une des règles posées. Les instructions sont confuses, contradictoires, elles interdisent la parole. Vous vous rendez ainsi coupable du non respect de ce qui est posé. Quoique vous décidez vous êtes coincés.

C’est la mère qui offre deux cravates a son fils : une bleue et une rouge et qui lorsqu’il opte pour porter la rouge lui répond qu’il n’aime pas la bleue.

  • Osez communiquer sur la communication (méta-communiquer) et identifier verbalement les paradoxes exprimés. Osez poser des questions et formuler ce que vous ressentez sur le flou des échanges et la confusion que cela génère dans votre esprit.

  • Demandez à votre interlocuteur qu’elle est son intention lorsqu’il vous dit cela. Il est impossible de deviner ce qu’il se passe dans la tête de l’autre par contre rien ne vous empêche de mettre de la clarté et de le formuler afin de poser de la conscience sur ce qui est en train de se jouer, et passer de l’inconscient tamisé au conscient éclairé. De cette manière votre posture change dans l’interaction, ce qui court-circuite le jeu psychologique en arrière plan.

Exemples :

– Vous me dites cela cela et cela, je ne comprends pas, c’est flou pour moi. Pour vous répondre j’ai besoin de clarté et que vous précisiez tel et tel points.

– Pouvez vous me donner plus de détails et affiner  votre propos de cette manière nous construisons ensemble l’échange.

– Donnez des images en prenant la responsabilité de la non compréhension (stratégiquement pour sortir des jeux psychologiques et rentrer dans un échange sain) . Je n’ai pas d’image, je me sens embrouillée ( ce qui est vrai ), il y a plein d’informations et j’ai besoin de structure pour comprendre.


  • S’il répond :”Tu me dis que je communique mal !!!” et vous accuse. Il tente un procédé de culpabilisation sur votre capacité à ne pas comprendre. Restez ferme et directif dans la communication, vous avez le droit d’avoir besoin de précisions pour comprendre. Et si la personne coupe court à l’échange d’une manière ou d’une autre pour tenter de vous déstabiliser, alors c’est son problème et ça veut dire que l’enjeu était ailleurs.

Non, j’ai simplement besoin que tu me donnes plus d’informations pour me dessiner intérieurement   une représentation de ce que tu me dis afin de te répondre correctement et que nous avancions sur ce sujet.

Faites émerger les paradoxes : en reformulant ce qu’il vient de dire en écho.

      • Vous me dites cela et cela, quel lien faites vous ?

      • J’entends ce que vous dites comme étant contradictoire : redonner mot pour mot ce qu’il vient d’exprimer, et continuer à demander de la clarté. Il n’aime pas, et c’est déstabilisant, mais insistez en utilisant la stratégie de communication du “disque rayé“. Vous avez le droit de dire non, même si c’est votre chef et poser des limites.
Lorsque cette personne occupe un poste de décideur



Ce genre de profil à l’appétence du pouvoir, c’est comme cela qu’il se sent exister et puissant dans son impuissance à être.

Il est intéressant de se questionner sur votre rapport à l’autorité.

      • Comment est ce que je me positionne ?

      • Qu’est ce que l’autorité représente pour moi ?

      • Quel est mon vécu émotionnel intérieur ?

C’est une posture apprise dans l’enfance qui est devenue inconsciente et ponctue de manière tamisée en sous terrain votre relation, vos ressentis et vos interactions à l’autorité (le pouvoir que nous enfant donnions à nos parents, le positionnement que nous prenions pour répondre à leur demande : rebelle soumis, libre, le type de relation…).   

Aujourd’hui vous êtes adulte, et même si l’organisation dans laquelle vous évoluez a un modèle hiérarchique vertical, sa structure est là pour mener à bien la pérennité des missions de fonctionnement de l’entreprise dans laquelle vous évoluez, et non pour vous amoindrir.

Il est confié à votre manager une responsabilité décisionnelle dans le but de l’accomplissement et l’atteinte des objectifs communs. Il s’assure du bon fonctionnement du service, notamment par  la  qualité l’organisation du travail, la gestion de l’humain et des interactions. Son rôle est de créer une cohésion, de la motivation. Il facilite les relations humaines en  les régulant, et gère l’organisation du travail dans le service  pour la fluidité du travail. Il accompagne ses collaborateurs à monter en compétences.

Il a un pouvoir pour permettre le lien et la motivation entre les membres de l’équipe, et non un pouvoir tout puissant sur les gens avec des injonctions de contrôle individuel. Dans ce cas de figure la relation est biaisée puisqu’elle laisse sous-entendre une posture interactionnelle déséquilibrée où l’un est plus que l’autre et on entre dans un processus d’abus de pouvoir. Alors que peu importe le rôle que nous jouons au sein de l’organisation et les casquettes que nous portons, nous sommes différents et complémentaires.


Pistes de réflexions pour aller un peu plus loin :

Se détacher du regard de l’autre, mettre du discernement :

Lorsque quelqu’un s’exprime, vous critique, il ne parle que de lui. Il exprime:
        • ses goûts,
        • sa carte du monde avec ses filtres,
        • ses expériences,
        • ce qu’il aime,
        • ce qu’il déteste,
        • ses critères personnels dans tel ou tel domaine,

Un point c’est tout, ni plus ni moins. Il ne parle que de lui et pas de vous, car il n’est pas dans vos baskets et n’a pas votre expérience de vie. Il a la sienne. Tout le monde n’aime pas les choux de Bruxelles et pourtant y a des personnes qui en mange. Si vous êtes sensible au regard de l’autre (on l’est à peu prêt tous plus ou moins), il est intéressant de mettre du discernement et de prendre du recul.

Il est  important de vous questionner sur ce qui fait que ce regard est si important pour vous. Quelle place lui accordez vous ? La remise en question est salutaire et vectrice d’évolution. Le tout est que ce soit justement dosé. Comment pouvez vous augmenter votre confiance dans votre capacité à être et à faire ?

Qu’est ce que me dit cette personne ? Pourquoi ? Comment me le dit-elle ? (avec bienveillance, où à l’inverse avec un ton cassant, méprisant, humiliant ?)

Quel est sa communication non verbale et para-verbale ? (ton de la voix, regard, posture et position du corps…)

Quelle est son intention ? Demandez lui si vous ne savez pas, et fiez vous à ce que vous dit votre corps. Ressentez vous du stress ? Si vous sortez confus d’un entretien, que vous n’avez pas compris le contenu, alors il y a quelque chose qui cloche dans l’échange que vous avez eu. Si vous vous mettez à faire des crises d’angoisse c’est la même chose.

Qu’est ce que je pense moi, de ce qu’elle me dit ? Pourquoi ?

Est-ce dans mon intérêt de tenir compte de sa remarque ? Qu’est ce que ça va m’apporter de positif ? Vais- je en sortir grandi ? Amoindri ? (auquel cas laissez lui…) Évolution de ma personnalité, de mes compétences? Remise en question constructive… ?

Regardez avec attention comment les gens qui vous entourent parlent des autres, vous en saurez beaucoup sur la manière dont ils se comportent, d’abord avec eux même et ensuite avec vous même…

Prenez soin de vous…
     
                         Eugénie Thevenon


Sources :

Le harcèlement moral au travail Marie-France Hirigoyen
Emprise et manipulation : peut on guerir des sectes ? Jean-Claude Maes
Se libérer de l'emprise émotionnelle : Sylvie Tenenbaum
Pervers narcissiques bas les masques : Anne Clotilde Ziégler
Les blessures du silence: Natacha Calestreme
Conférences sur la pervesion narcissique de Myriam Illouz psychanalyste
Chaine youtube Un psy à la maison



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